Monthly Archives: septembre 2012

Massage, stress et immunité

Massage, stress et immunité

©  Photo: Frédéric Remouchamps/Keops Photography

Le massage est un outil thérapeutique extrêmement efficace aussi bien sur le plan physique que psychique. Ce n’est pas une affirmation gratuite : de plus en plus d’études scientifiques le démontrent. Logique:  il procure un profond sentiment de bien-être. Un message de relaxation est alors envoyé à l’hypothalamus qui commande aux glandes surrénales de réduire la production de cortisol et d’adrénaline. Ces deux hormones, qui nous tiennent en alerte en cas de stress, nous sont d’un grand secours mais peuvent aussi avoir des effets néfastes en cas de « consommation prolongée ».

L’adrénaline est surnommée « l’hormone guerrière ». C’est elle qui décuple notre capacité respiratoire et cardiaque, aiguise tous nos sens, bande nos muscles pour nous permettre de « fuir ou combattre » en cas de danger.  Mais elle n’agit pas seule. Très vite, le cortisol vient l’épauler, même si ses effets ne sont pas perceptibles : il mobilise tout le sucre disponible pour envoyer de l’énergie là où c’est nécessaire. Pour éviter tout gaspillage, toutes les fonctions qui ne sont pas indispensables à la gestion de la menace s’arrêtent ou se mettent en veilleuse. C’est le cas, par exemple, de la digestion et du système immunitaire.

On imagine bien ce qui se passe en cas de stress de longue durée.  Sans compter qu’un excès de cortisol perturbe aussi nos nuits :  cette hormone empêche en effet le sommeil paradoxal – celui du rêve, indispensable à la santé psychique – ce qui peut, à terme, mener à la dépression. De plus, si l’on sait que le sommeil est également indispensable à la réparation des tissus osseux, muqueux et cutanés, il est facile de comprendre qu’un manque ou une mauvaise qualité de sommeil peut entrainer de nombreux problèmes, parmi lesquels l’ostéoporose.

On ne s’étonnera pas de constater, comme le confirment de nombreuses recherches, que le massage, en faisant notablement baisser le taux de cortisol en circulation dans le corps,  produit des effets bénéfiques sur la santé. Celui de booster l’immunité, entre autres. Ceci a été démontré par une étude menée en 1996  sur des patients sidéens par Gail Ironson et Tiffany Field à l’université de Miami. Ceux-ci ont reçu un massage de 45 minutes 5 jours par semaine pendant 1 mois au bout duquel leur taux de « natural killers cells »,  (des  « cellules tueuses naturelles »  ayant un rôle spécifique dans la lutte contre les virus) était mesuré: non seulement celui-ci avait augmenté de manière significative tandis que ceux d’adrénaline, noradrénaline et cortisol avaient baissé, mais l’efficacité de ces cellules tueuses avait également été améliorée. L’année suivante,  une autre étude a été menée sur les effets du massage sur des sujets sains avec pour résultat une amplification de l’activité des cellules immunitaires non spécifiques (leucocytes, etc.).  

D’autre part,  personne ne conteste que le massage, en activant notre système lymphatique – ce vaste réseau de canaux  sillonnant notre corps chargé de l’élimination des toxines qu’il contient – contribue également au maintien de la santé. De quoi nous convaincre que le massage est un bon remède pour évacuer le stress de la rentrée et une excellente prophylaxie pour  affronter l’hiver.

Bientôt l’automne

Bientôt l’automne

© photo: Isabel Verhaeghe

L’été touche à sa fin, l’automne va pointer son nez. Comme  vous le savez (ou pas) notre corps est programmé bisannuellement pour un grand nettoyage, au printemps et en automne. En principe, il fait ça tout seul comme un grand. Sauf qu’on le bombarde tellement de polluants de toutes sortes (via l’air qu’on respire, notre nourriture, etc), qu’il peine à la tâche. Si on est sympa – il nous le rendra bien – on lui donne un coup de pouce. Avec quoi ? Mais ouiiii, une petite cure détox ! Je vous en ai déjà parlé au printemps. La voilà qui revient avec quelques variations. En effet, si le printemps est surtout la saison du Foie, l’automne est celle du Poumon et du Gros Intestin.

On va donc combiner nos 3 semaines d’alimentation hypotoxique (sans alcool, café, cigarettes, additifs et autres résidus de phytosanitaires, sucre, graisses cuites…) avec des exercices respiratoires. En effet, quand on pratique la respiration abdominale complète, le diaphragme exerce un massage sur les organes abdominaux, dont les intestins, stimulant leur motilité. L’apport en oxygène active également la détoxination. Côté alimentation, on privilégie les légumes verts (la chlorophylle est un excellent détoxifiant), les hypocuissons, les potages, les jus de légumes frais, les légumes racine, les légumineuses et les céréales type quinoa. Tout comme l’ail, le gingembre, le poivre, le navet, le piment ou l’oignon qui, selon la diététique chinoise, décongestionnent et tonifient le Poumon. On mise les adjuvants qui peuvent accélérer le processus :tisanes ad hoc (fenouil, menthe, mauve…),  sauna, hammam, et  massages. Particulièrement le Chi Nei Tsang qui pourra stimuler le chi dans le Gros Intestin et le  Poumon,  mais aussi l’AromaStone, particulièrement drainant et activateur des circulations sanguine et lymphatique.

 

Les hydrolats aromatiques

Les hydrolats aromatiques

 Les huiles essentielles sont des substances hautement concentrées. C’est ce qui leur donne leur extrême puissance mais les rend parfois leur utilisation, de par leur constitution biochimique, délicate voir impossible dans certains ca :  les bébés et les femmes enceintes ou allaitantes doivent certainement faire l’objet d’attentions particulières et il est par exemple formellement contre-indiqué d’appliquer une HE dans ou sur les yeux.

En effet, certaines  HE peuvent comporter des molécules potentiellement toxiques, soit ponctuellement, soit par accumulation, comme les fameuses cétones contenues dans les menthes, la sauge, l’hysope officinale… (neuro et hépatotoxiques, abortives). D’autres peuvent être simplement irritantes pour la peau (réactives ou allergiques) et/ou les muqueuses.

Ce n’est pas une raison pour diaboliser ces remèdes précieux ; il faut simplement les utiliser avec précaution et de préférence, pour les huiles à risque, selon les indications d’un aromathérapeute.

Mais comme la Nature est bien faite et l’Homme (parfois) intelligent, il a trouvé une astuce pour contourner ce problème : les hydrolats.

La plupart des HE sont produites par distillation à la vapeur d’eau des organes producteurs de molécules aromatique de la plante.  La vapeur se charge desdites molécules au contact des plantes. Lorsque l’on refroidit la vapeur, on récupère l’HE par décantation de l’eau de distillation à la surface de laquelle flottent les molécules aromatiques sous forme d’un concentré « huileux ».

Mais une partie des molécules aromatiques s’est solubilisée dans l’eau résiduelle, lui conférant les mêmes vertus que celles de l’HE de la plante, en version atténuée.  Cette « eau aromatique », appelée hydrolat, peut  donc être utilisée dans les cas ou les HE sont prohibées ou plus délicates d’emploi.

L’hydrolat le plus connu est l’eau de fleur d’oranger (néroli), employée couramment dans la cuisine marocaine. Traditionnellement dans le Maghreb, on le sait moins, les mamans en mettent dans les biberons pour calmer les crampes digestives des nourrissons. Autre eau florale réputée : celle de rose, principalement utilisée en cosmétique pour ses vertus astringentes et tonifiantes de la peau en plus de son odeur exquise. L’hydrolat de bleuet est réputé pour ses vertus ophtalmologiques:  il fait merveille sur les yeux irrités, fatigués, sujets au allergies mais on  l’utilise aussi pour tonifier les tissus  cutanés tout comme l’hydrolat de camomille allemande,  sauveur des peaux irritées ou allergiques, atteintes d’eczéma ou d’urticaire. Il faisait aussi partie des secrets de nos grand-mères pour renforcer la blondeur des cheveux. Si l’eau de camomille romaine a une double action à la fois apaisante oculaire et cutanée (psoriasis, eczéma) elle apaise aussi les douleurs dentaires.

Mais les  eaux de fleurs ne sont pas les seules à être utilisées: toute plante aromatique distillée donne un hydrolat. Celui de sauge, par exemple, débarrassé de la virulence des cétones est extrêmement utile pour  réguler la transpiration et contrer les problèmes de peau consécutifs aux perturbations hormonales. Les hydrolats de thym à linanol et de tea-tree constituent d’excellentes solutions en cas d’acné d’infections cutanées ou de mycoses.

Bref, des armes légères tout en finesse quand il n’est pas nécessaire de sortir le bazooka ou que celui-ci est carrément prohibé.

Comme pour les HE, il est indispensable d’être attentifs à la qualité des produits. L’eau utilisée pour la distillation a évidemment ici une importance capitale : elle doit être pure, non polluée en sulfates ou autres produits délétères comme les pesticides éventuellement pulvérisés sur les plantes qui se concentrent à la sortie de l’alambic.

Pour obtenir un hydrolat bien chargé en molécules actives, on ne récolte que les 8 ou 9 premiers litres d’eau de distillation, les suivants étant beaucoup mois riches en substances aromatiques. Vous pouvez vérifier cette concentration à l’odeur. Si elle est ténue, l’hydrolat est trop dilué. De plus, l’hydrolat doit être microfiltré pour garantir sa pureté.

 Un label Bio donc est un must, cela va sans dire,  et l’absence de conservateur, aussi.  Avec les conséquences qui en découlent : les hydrolats aromatiques étant beaucoup plus fragiles que les HE puisque moins chargés en principes actifs, ils ne se conservent qu’un an. Il est donc impératif d’en connaître la date de fabrication.  Comme leurs sœurs  HE, ils sont sensibles à la lumière et à la chaleur. Ils doivent être conditionnés en flacon opaque  et stocké au frais.  On conseille même de les conserver au frigo, en tout cas, dès l’ouverture du flacon.